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LES BRETONS ET PARIS

- L’arrivée des Bretons à Paris

- L’essor des amicales

- Les bretons à Paris

- L’identité bretonne à la fin du XXème siècle

 

L’arrivée des Bretons à Paris

De tout temps il y eut des bretons présents à Paris, puisqu ’on trouve des signes de leur présence au Moyen Age, ainsi que dans les périodes qui ont suivi.

Mais c ’est la naissance du chemin de fer qui relia Brest à Paris en 1865, puis Quimper et Nantes, qui fut le facteur décisif de la venue par milliers des bretons, dont une très grande partie des Côtes du Nord (d ’Armor maintenant).

Le départ de la Bretagne était une nécessité : chercher ailleurs le travail qui ne pouvait être trouvé sur la terre natale.
Si la grande majorité est venue à Paris, d ’autres sont allés vers Lille, Tours, Orléans, Lyon mais aussi vers le Sud, Bordeaux, Marseille, Nice, etc… On les trouvent en grand nombre dans les ports de Dunkerque, Boulogne, Le Havre, Bordeaux et bien sur Marseille.

L ’immigration vers Paris, de beaucoup la plus importante (plus forte que celle des Auvergnats) est aussi l ’une des plus anciennes. En 1883, le nombre des bretons dans la capitale atteignait déjà 12.000.

Le sort de ces paysans (pour la plupart) transplantés dans l ’univers des fabriques, mal logés, souvent mal nourris, n ’étaient pas brillant. Parlant souvent mal le français, car ce n ’est que vers 1936 que l ’on a imposé le français partout en Bretagne, sans aucune formation professionnelle, mais courageux et durs à la tâche, ils étaient pour la plupart contraints d ’accepter de durs labeurs en formant un réservoir de main d ’œuvre à bon marché.

On les trouvait principalement dans le XIVème arrondissement, autour de la gare Montparnasse, autour de l ’usine à gaz près de Grenelle, près du dépôt de la Chapelle dans le 18ème arrondissement et dans la vaste banlieue industrielle qui commencait à ceinturer Paris.
Les femmes, nombreuses, se plaçaient comme bonnes à tout faire. Là encore, la condition était dure et les gages peu élevés.
Mais l ’attrait de la capitale demeurait très fort.

 

 

L ’essor des amicales

Pour pallier la misère et l ’isolement de leurs compatriotes, l ’Abbé Cadic et un médecin, le Docteur Le Fur, fondèrent la paroisse bretonne qui s ’efforça de leur venir en aide et de faire vivre leur communauté.
En 1902, fut fondée l ’Amicale des Enfants de la Loire Atlantique, la plus ancienne des associations amicalistes bretonne de Paris, témoignant ainsi d ’un sens profond de la fraternité.
Après la guerre de 1919, le regroupement pris plus d ’ampleur.
Un journal « La Bretagne à Paris » fut fondé en 1923 par Louis Beaufrère qui perdura jusqu ’en 1988.
Les diverses associations bretonnes se regroupèrent au sein de la Fédération des Bretons de Paris qui compta jusqu ’à 90 amicales et cercles de danses bretonnes.
La première des Duchesses des bretons de Paris fut couronnée en 1929.
Le banquet fédéral de 1936 à la Porte de Versailles rassembla mille convives.
Il était courant aussi que, le dimanche, les bretons se rendent dans certains cafés où ils retrouvaient des compatriotes de leur secteur et pouvaient ainsi avoir des nouvelles du pays… par ceux qui en arrivaient à leur tour.

La rareté des congés et les difficultés de transport ne permettaient guère de refaire le voyage jusqu ’en Bretagne. Lorsque les congés payés le permirent, ce fut un voyage, une fois par an.
La seconde guerre mondiale interrompit de nouveau la plupart des activités.
A la libération, la Fédération se reforme et se préoccupe surtout de venir en aide à ses membres éprouvés par la guerre. La Bretagne à Paris reparaît.
P. Pondaven assurait la direction de cet hebdomadaire, qui tirait à 30.000 exemplaires et qui était lu dans le monde entier.

La période des années 1950 à 1970 est l ’âge d ’or des amicales et des cercles de danse et de musique bretonnes. Les manifestations sont nombreuses avec un calendrier chargé chaque dimanche. Les participants sont nombreux et assidus. Les bals se font dans les salles du XIVème et XVème arrondissement. Les banquets se suivent, il y en a même parfois plusieurs le dimanche ; la foule applaudit au couronnement des Duchesses à la Mutualité. La Fête bretonne des Arênes de Lutèce rassemble plus de 3.000 personnes et pour le Pardon de Montfort l ’Amaury, un train spécial est affrêté depuis la Gare Montparnasse.

La Vente des Ecrivains bretons fut mise sur pied en 1952 par l ’Association culturelle de « Ar Pilhaouer ». Il y est toujours décerné le PRIX « BRETAGNE », le PRIX « PONDAVEN » et celui de la « FEDERATION des BRETONS de PARIS ». A son origine le PRIX BRETAGNE était composé de 24 louis d ’or, une vraie cagnotte !

L ’entraide bretonne et le soutien moral n ’étaient pas oubliés, ils étaient l ’apanage de la Mission bretonne dont la direction fut confiée par les Evêques de Bretagne à l ’Abbé Gautier Elie puis au père Fanch Quenement qui visitait ceux qui souffraient dans les hôpitaux et les hospices.

Chaque dimanche après-midi dans cet important fief breton qui était au 45 rue de la Quintinie, 800 à 1000 jeunes se retrouvaient dans une ambiance fraternelle. Beaucoup de couples se connurent là et se marièrent ; nombre d ’entre eux, qui sont souvent restés sur Paris pour la grande majorité, s ’en souviennent toujours.

 

 

Les bretons à Paris

Dans les années 1960, il était estimé qu ’il y avait plus de 200.000 bretons à Paris et de 5 à 600.000 dans sa périphérie. Aujourd’hui on peut estimer que plus d ’un million de personnes (peut-être deux) dans la région parisienne sont nées en Bretagne ou ont un antécédent de une à quatre générations.

Venus au début du chemin de fer, ce sont des terrassiers bretons qui ont construit la ligne de Paris à Saint Germain en Laye. Un grand nombre travaillent aujourd’hui encore à la S.N.C.F. La Gare Montparnasse comptait il y a encore quelques années près de 80 % de bretons parmi son personnel. La R.A.T.P. en connaît également une proportion assez forte, ainsi que les grandes administrations dans l ’assistance hospitalière, les douanes, les Postes et Télécommunications, la Police aussi.

Mais avec les décennies, les positions sociales ont évolué et si le personnel de maison connut jusqu ’à la dernière guerre une forte proportion bretonne, les choses ont changé totalement. Beaucoup des petits fils des manœuvres, de poseurs de voies, sont aujourd’hui ingénieurs ou cadres supérieurs.

Les bretons se sont orientés vers d ’autres professions dans le commerce, les assurances, les banques. Aujourd’hui c’est également dans le monde informatique et les télécommunications que l’on trouve de nombreux originaires bretons : Lannion a été en ce domaine une bonne école et une bonne référence.

Il est connu que la Bretagne est l ’une des régions où la scolarité et les études sont au dessus de la moyenne nationale. Chaque année, arrivent sur le marché du travail beaucoup de diplômés et dans beaucoup de disciplines.

Les flux migratoires se sont équilibrés, la position sociale des bretons a considérablement évolué et elle est passée du stade de l ’ouvrier et de l ’employé vers celui des cadres et de la maîtrise, et le tissu économique local offre aux jeunes des possibilités attractives de carrière et de promotion.

 

 

L ’identité bretonne à la fin du XXème siècle.

L ’évolution de la vie a apporté des bouleversements dans les habitudes et les façons de vivre. La voiture, la télévision, la banalisation du confort ont eu pour résultat que les personnes n ’ont plus les mêmes motivations pour s ’intéresser et venir vers les Amicales régionalistes, bretonnes notamment.

Les bretons, comme les autres, se rendent aujourd’hui facilement dans leur pays. Le besoin de nouvelles ne se ressent plus et, en 1988, la « Bretagne à Paris » dut cesser sa publication.

Pourtant l ’identité bretonne reste profondément ancrée dans chacun. La tradition, la culture, l ’esprit bretons résistent au temps et beaucoup sont aujourd ’hui à la recherche de leurs racines.

La Vente des Ecrivains bretons demeure. Elle a lieu chaque année vers novembre à la Maison de la Bretagne, elle doit demeurer l ’événement littéraire breton de l ’année sur la Capitale.

La danse et la musique bretonne ont pour lieu de prédilection Paris, la Mission bretonne, appelée aussi « TI AR VRETEONED » au 22 rue Delambre, dans le XIVème arrondissement, où sont présentes la culture et le chant bretons, très riche par son chant, sa musique autant bretonne que celte, ses interprètes et ses artistes.

La Fédération des Bretons de Paris fait tout ce qui est en son pouvoir pour que se maintiennent les Amicales régionalistes bretonnes. Elle assure les bonnes relations avec ceux qui comme elle, s ’occupent de maintenir la présence de la Bretagne à Paris que ce soit au plan culturel, économique, artistique, sans oublier la langue bretonne qui est l ’une de nos plus belles langues régionales.

Paris étant la ville de l ’émigration des bretons de loin la plus importante, il faut que la présence bretonne demeure tout en restant fidèle à ses racines.

Le WEB est un outil fantastique pour parvenir à cet objectif et le nombre des Sites Internet bretons est impressionnant. La communauté bretonne démontre ainsi sa vitalité dans le respect de ses valeurs traditionnelles.